Cher blog,

Tu as 4 ans aujourd'hui, alors je te souhaite un très joyeux anniversaire. 

Je t'ai créé quelques temps après avoir commencé la couture de vêtements. Je prenais à l'époque des photos de ce que je cousais, car garder la mémoire des choses est important pour moi. Le blog en a été le prolongement naturel, tel un carnet de bord. Dans le même temps j'avais envie de laisser arriver un regard extérieur sur ce que je faisais, d'ouvrir une petite fenêtre sur mon coin couture.

J'ai besoin de faire, de fabriquer, mais aussi de garder une trace de ce que je fais.
J'aime prendre des photos, mais je ne prend pas assez le temps de les développer.
J'aime écrire, mais pas à la main, mon geste et mon écriture sont trop crispés et trop lents.
J'aime parler, mais j'ai parfois peur d'en dire trop, de parler trop vite et regretter ce que j'ai dit, ou pire encore, d'être mal comprise ! Parfois, j'aimerai me relire avant de parler...
J'aime parler couture, mais les occasions sont rares ! Même avec les amies qui cousent, la couture n'est qu'un sujet parmi d'autres, et notre temps à discuter ensemble est en général limité !

Alors, cher blog, je crois que l'on peut dire que ton existence découle naturellement de tout cela !
Tu es devenu un espace d'expression important pour moi, et tu fais partie de mon quotidien un peu plus que virtuellement.

Mais ce qui a évolué depuis ta naissance, ce qui ne m'était pas naturel car je trouvais le dialogue à distance difficile à établir, car je n'osais pas, c'est que tu es devenu un espace d'échange. Je ne le formule peut-être pas tellement, mais l'idée de m'adresser à tes lectrices et lecteurs est importante ; chaque occasion d'échange l'est également !

Le mardi soir t'es réservé, c'est le soir où j'écris. Cela me fait du bien ; certaines fois, c'est juste factuel, d'autres jours cela me permet de sortir des choses qui me tournent dans la tête, ou juste de parler couture ! Alors, c'est vrai, tu es plutôt actif en ce moment, et il est certain que mon congé parental te profite favorablement. Le gros du travail est effectué le mardi ; puis je charge les photos les jours suivants entre deux tâches ménagères, pour terminer le tout le vendredi soir, plus ou moins rapidement selon les cas.

Toi et moi on se ressemble un peu, ou en tout cas, on a quelques points communs. Tes textes sont parfois trop longs et alambiqués, comme les messages que je laisse sur les répondeurs téléphoniques. Tes images et tes coutures imparfaites témoignent parfois de mon envie de faire toujours un peu plus, sans prendre le temps de faire posément.

Alors, quand je te regarde, je vois ma maladresse, mes doutes, mon impatience, mes lacunes, mes difficultés à être concise et à préciser mes pensées. Mais il me semble tout de même voir aussi des couleurs, des formes, des motifs (des fleurs !), des lumières qui me plaisent et qui me correspondent.

Cher blog, quand je te regarde, je vois un petit bout de moi ; sûrement un peu déformé, pas tout à fait fidèle, mais tout de même, je ne peux pas te renier ! Oui, parfois, quand je te regarde et que j'hésite, je me dis "et puis mince, après tout, je suis comme ça !"...

Cher blog, j'espère t'animer encore longtemps. Je sais pourtant que la vie fait évoluer les choses ! On voit beaucoup de tes congénères s'éteindre ou devenir bien plus calmes. Moi-même, pendant la grossesse, tu m'es apparu presque inutile et superficiel. Je sais donc que les circonstances changeront, ma disponiblité aussi, mes envies éventuellement... Peut-être même un jour aurai-je moins besoin de toi. En attendant tu es là, et j'en suis contente.

Cher blog, j'en ai presque fini, mais dis juste à tes lectrices et lecteurs que je reviendrai dans quelques temps avec un tout petit cadeau, pour leur dire merci... Juste le temps que j'arrive à poser mes aiguilles pour fouiller dans mes jolis papiers (ah ben oui c'est pas gagné).

                                                              Rachel