Aujourd'hui est le jour du fameux défi polo lancé par Muriel du blog Des étoiles et des pois. Reporté à mon grand soulagement de lundi dernier à aujourd'hui, c'est donc le moment de rendre sa copie.

Mais tant qu'à présenter un vêtement pour homme, j'ai voulu faire un billet spécial homme en présentant d'abord mon premier vêtement cousu pour lui. Il s'agit de LA chemise.

1ère partie : la chemise

Il me faisait remarquer depuis quelques temps que je ne lui avait toujours pas cousu de vêtement. Moi j'y pensais , mais je voulais coudre une chemise, et ça, ça demande de la maturation et dans mon cas, un peu de courage... J'ai donc mûri le modèle : la chemise d'Aime comme Marie, celle de Colette Patterns ou bien encore une Burda ? Finalement, la sortie en français du livre japonais Les chemises est tombée à pic pour me lancer. Pour le tissu, cela faisait un moment que je cherchai le bon : je voulais un tissu spécial chemise, une popeline prévue pour qui soit donc assez fine et souple. Je n'ai rien trouvé dans les magasins que je fréquente, mais j'ai fini par trouver mon bonheur chez Cousette, qui propose quelques tissus pour chemise.

Bon, arrivée à ce stade là, il ne faut pas croire que la chemise est ton amie, comme ça, juste parce que tu veux la coudre (je parle pour moi, là, car j'en ai vues beaucoup qui ont l'air d'être joliment copines avec les chemises).

Non, dans mon cas, la chemise et moi, on s'est pas mal observées l'une-l'autre. Au propre comme au figuré d'ailleurs, puisque j'ai eu quelques périodes de tétanie qui ont laissé en attente ce pauvre coupon de tissu.

  • Il a fallu commencer par décalquer le patron : un peu de boulot, mais ça allait. Il est prévu de rajouter les marges de couture directement sur le patron, ce qui a son intérêt.
  • Puis, ça a été le moment de découper le tissu : j'ai commencé un soir, prévu la fin le lendemain, mais hop, tétanie, une semaine s'est passée ainsi que des projets pour petites fille avant que je m'y remette. Il faut dire qu'ayant choisi un tissu à rayures, je craignais de me louper sur les raccords (ben oui, une chemise pour son mari, il faut que ce soit mettable au travail !). Au final, les rayures, que je pensais être mes ennemies, se sont avérées être plutôt bonne copines face à mon ennemi réel, le droit-fil. En plus, des rayures de 5mm, peut-on espérer mieux ? Et les raccords, eux, du coup aussi pas si horribles à couper.

Je n'en doutais pas, mais ensuite chaque étape de couture est assez technique : et pour moi, beaucoup de nouvelles techniques, et donc beaucoup de batailles avec LA chemise. Enfin, des batailles avec le côté droit surtout, parce qu'une fois qu'il est vaincu, le côté gauche rend plus facilement les armes (ou inversement selon le côté auquel on s'attaque en premier). Je crois que je n'ai jamais été si tendue en cousant quelque chose (bon, pas horriblement, hein) mais à chaque fois j'ai eu le stress d'obtenir quelque chose de propre.

  • D'abord les tout petits ourlets, faisables mais tout petits quand même et pour partie arrondis.
  • Ensuite les pinces, ça je savais faire.
  • Les empiècements des épaules : deux heures de boulot (oui, oui, j'y ai passé un moment !), une couture décousue parce que LE raccord rayure à ne pas louper était là, des surpiqûres à ne pas louper pour au final un résultat satisfaisant à part un tout petit pli caché sur l'envers.
  • Le col (avec pied de col) : deux heures aussi (arghh), à coudre tout doucement, à faufiler, à voir et revoir les schemas pour ne rien louper, au final aussi, des petits défauts pas trop visibles.
  • Les fentes des manches : une heure pour la première, en revérifiant tout, en surfilant,en refaisant une surpiqûre mal cousue.
  • Les manches et les côtés : c'est là qu'est le plus gros défaut, car j'ai dû louper quelque chose et les manches ne correspondaient pas trop bien. Je me suis arrangée et on ne voit rien, mais ça doit sûrement un peu décaler la chemise. Ces coutures-là, étaient des coutures rabattues : la difficulté pour moi à surtout été dans l'arrondi des manches, sur lesquelles il y a tout de même de petits plis.
  • Les poignets : quand tu en arrives là, tu crois que c'est bon, les poignets, c'est preque la fin de la chemise, mais attention ! les poignets non plus ne sont pas tes amis, juste comme ça. Les longueurs, plis et autres coutures doivent être bien précises pour que tout se corresponde, se retourne joliment et fasse de jolis coins. Autant dire que j'y ai laissé quelques plumes, ou surtout, un peu de sueur. J'ai un peu modifié les plis de la manche pour coller correctement aux poignets, repris les surpiqûres, et au final, c'est correct, avec des défauts discrets.
  • Et enfin, quand tu arrives aux boutonnières, que LA chemise et toi avez enfin brisé la glace, la boule au ventre te reprend, parce que les boutonnières, c'est le truc qui t'oblige à COUPER dans la chemise pour laquelle tu as tellement travaillé, et que si tu coupes il n'y a pas de retour en arrière possible. Bref, elles ont été cousues au bon endroit, et les boutons aussi (euh, un petit souci de décalage à un poignet tout de même, mais ça doit venir de la manche).
  • Pour les boutons justement, j'en ai profité pour tester la couture de boutons avec ma machine. Bon, il y a eu des morts (des boutons, bien sûr), qui ont pris un vilain coup d'aiguille en glissant de leur emplacement. Mais le neuvième et dernier bouton a couru beaucoup moins de risques que le premier, et ceux du polo (ha ha, je ne l'oublie pas, non) n'ont aucune séquelle.

Bon, maintenant que vous commencez à penser que je ne montrerai jamais les photos et que je ferai bien de me taire, voici tout de même des images ! (Il reste du bleu, des petits fil, et une petite tache, le tout disparu depuis les photos...)

image 120

image 121

image 122

image 123

image 124

image 125

image 126

image 127

image 128

image 129

image 130

image 131

image 132

image 133

image 134

image 135

image 136

image 138

image 137

Chemise 1 du livre Les chemises de Ryuichiro Shimazaki, taille M. Popeline rayée perle/ardoise de chez Cousette. Boutons acheté sur Rascol.

Le modèle est classique (modèle prévu pour porter sous les costumes), et avec la forme des côtés, la chemise n'est pas faite pour porter hors du pantalon. Oui, les petites hirondelles de renfort (petits triangles sur les côtés), doivent rester cachées. (Ah oui, d'ailleurs, ces hirondelles, c'est aussi assez minutieux).

Mais au final : la chemise lui va bien, ceintrée comme il faut au torse , mais pas trop non plus (en tout cas il y est à l'aise). Les manches par contre, sont quelques centimètres trop courtes et les poignets un peu serrés. Comme il porte la chemise manches retroussées, cela ne gênera pas, mais il faudra que je corrige cela la prochaine fois.
Parce que oui, même si j'ai donné l'impression de ne pas prendre beaucoup de plaisir à coudre cette chemise, ce n'est pas le cas : au bout de chaque bataille, il y a une petite victoire tout de même, et ça, c'est bien... Et du coup, j'ai pas mal appris !

Et cette chemise, qui n'est pas encore tout à fait ton amie, dont tu n'es pas sûre qu'elle aille vraiment bien, eh bien lors de l'essayage final, c'est quand même la couture qui te procure la plus forte émotion une fois portée. Ah oui, j'étais un peu émue. Et LA chemise et moi, maintenant, on est prêtes à refaire un tour ensemble. Pour la prochaine fois, on choisira peut-être de l'uni (comment vais-je aligner les éléments correctement sans mes rayures ?), et sûrement un ou des éléments contrastants.

2ème partie : le polo

Passons maitenant au polo : évidemment, après l'aventure de la chemise, j'ai abordé le polo plus sereinement. Les difficultés principales étaient le col + pied de col (mais ça du coup, ce n'était plus la première fois), et la patte polo (la troisième pour moi). 

Ce n'est pas pour autant que tout s'est passé sans encombre, et qu'il n'y a pas eu de difficultés.

Commençons pas les difficultés de petite taille :

- la patte polo n'est pas tout à fait rectangulaire (le bas est un peu plus large) ; 

- pour surpiquer le pied de col, un coin m'a posé plus de problème, du fait d'une épaisseur élevée (j'ai dû mal gérer les marges de couture à cet endroit).

Et maintenant la grosse difficulté : au moment de monter le col, l'encolure faisait plusieurs centimètres de plus que le pied de col. En fait entre 4 et 6 cm de plus selon les mesures - j'imagine que selon les moments j'étirai un peu le jersey, ce n'est pourtant pas faute d'essayer de ne pas le faire ? J'ai vérifié sur le patron, tout semblait coller, et puis au bout du compte en re-re...vérifiant, je pense que j'ai dû couper le devant et le dos en les décalant un peu, ce qui fait que l'encolure était plus large. J'ai donc tenté de rattraper le coup en refaisant ma couture d'épaules avec une marge plus importante. Cela a fonctionné, mais il y a eu forcément des petites conséquences, et je trouve que le polo ne tombe pas comme il faut autour de l'encolure et des emmanchures.

Quelques photos, puis les derniers détails techniques :

image 114

image 115

image 116

image 117

C'est fou ce que le point de base de ma nouvelle machine ne rend pas du tout pareil que celui (plutôt minus) de l'ancienne.

 

image 118

 

image 119

Modèle C3 du livre japonais Basic of lockstitch sewing machine of men's clothes (Lalala 4), taille M. Jersey taupe (très jolie couleur) et popeline noire France Duval-Stalla.

Concernant les modifications, j'ai fait le col et la patte en popeline, et j'ai rajouté une bande de popeline à chaque manche, cousue comme un bord-côte (enfin, je n'ai jamais cousu de bord-côte, mais si je devais en coudre, je m'y prendrai comme cela). J'ai également rallongé le modèle de 2 cm, mais il manque encore de la longueur à mon goût, et j'en rajouterai encore plusieurs pour un autre exemplaire.

Concernant le titre du livre ''lockstitch sewing machine" (surjeteuse), je n'en ai pas, mais je pensais utiliser le point spécial de ma machine qui coud et surfile en même temps. Après la mésaventure du col, j'ai laissé tomber, parce que ces coutures là, ce n'est pas de la tarte à défaire...

Et pour finir, le modèle me plaît pas mal, j'en ferai sûrement d'autres, mais pas tout de suite, d'abord un T-shirt...

Conclusion :

Coudre pour son homme, c'est du stress, mais c'est bien quand même ! Elle est où la fille qui aimait coudre les froufrous pour sa poulette, mais pas les trucs classiques ? Eh bien elle n'avait pas encore cousus de trucs classiques... Je récidiverai donc, mais d'abord, j'ai plein de projets de petite et grande fille à coudre (parce que c'est pas tout ça, mais une chemise d'homme, ça vaut en temps pas mal de vêtements de petite poulette...).

 

Et pour le défi polo, voilà les liens pour les autres participantes.

Boucle Piquée  La courte pièce  1 Fleur 2 choux  Graine d'Aby  
La cabane d'Elilou  Maud (BAM) HoM'adE AmuZe-toi  
Tibebeo
  Loumatha  Lachouettekikou Piratecoccinelle  Claire  La boîte à bulles Autant en emporte l'automne  sophie 4c KeïKo BiBi's bricoles  Et puis la neige Prune & Zélie  Une fille du fil  Lison & les autres  fait de canette  
3 bibis, littlefishes, Mahi bricole,  Rue des Mures,Deux petits bonhommes
 Lapodoud Chez Mazarine  cache, moi  Chou D'Iris  NellyBidouilles  Bisoudoudou  La bateliere,  lexie  les_marionnettes  Mode chouchou  Julifée Petite Bala  La Corte  Marick   C de Syle Des étoiles et des pois